18/01/2007

5 ans d'euro

euroJ'ai toujours beaucoup aimé la photo ; c'est dans la famille, depuis mon grand père qui avait monté son labo amateur dans les années '80 (dix-huit cent, bien sûr) jusqu'à ma fille cadette dont c'est le métier. Et, au début des années '80 (dix-neuf cent, évidemment) est apparue sur le marché amateur une machine merveilleuse, la Durst RCP-40, qui permettait enfin de faire des tirages couleur en automatique : on déposait le papier insolé dans une boite étanche à la lumière et, presto ! il réapparaissait comme par miracle prêt à être rincé. Enfin, presto, c'est un peu exagéré, ça prenait tout de même une dizaine de minutes, si j'ai bonne mémoire ; mais pour ceux qui venaient comme moi du système des cylindres tournants, c'était un réel progrès.
Donc, à moi les week-ends entiers en chambre noire, depuis le vendredi en fin d'après-midi jusqu'au dimanche au milieu de la nuit. Et, quoi qu'on puisse penser, on s'ennuie un peu dans une chambre noire ; alors, on écoute la radio, et justement, dans ces années 80, je tombais souvent sur la même émission (non, je ne parle pas de "Idem" et de son Heure Noire) :
- le vendredi, en début de soirée, les ministres des Finances européens débarquaient subrepticement au Charlemagne
- le samedi soir, ou parfois le dimanche, on annonçait sobrement les résultats : telle monnaie dévaluait d'autant, telle autre s'appréciait d'autant ; gémissements par ci, grommellements par-là, quelques-uns se frottaient les mains
- le lundi matin, la presse commentait longuement et les politiques grinçaient des dents.
Pour les plus jeunes, je dirai que ça s'appelait "dévaluation compétitive". En fait, c'était le boxon.
Puis, un jour, Jacques Delors mit en chantier le marché unique et la monnaie unique (je fais court) ; ça semblait aller de soi pour ceux qui avaient l'esprit européen ! mais ça n'allait pas du tout de soi, et si vous connaissez un membre du cabinet Delors, demandez-lui ce qu'il en pense...
Delors n'était pas un économiste, c'était un homme d'Etat ; aucun de ses deux projets n'avaient été bien accueillis par de nombreux économistes, et Milton Friedman avait bien ricané en pariant que l'Euro mourrait en gestation - il n'en était pas à sa première bévue.
1/1/1999 : l'euro entre en scène, mais les dénominations nationales restent en circulation
1/1/2002 : les pièces et les billets arrivent... Je me souviens d'avoir été tirer mes premiers euros au Bancontact près de chez moi vers deux heures du matin !
A l'époque, quelque 60% des citoyens de la zone euro étaient "pour" ; aujourd'hui, ce taux est tombé sous la barre des 50%... Pas évidemment quand les gens voyagent, soit dans une grande partie de l'Europe (plus de change !) ou même n'importe où dans le monde (on accepte les euros aussi bien que les dollars, plus besoin de faire un change intermédiaire ou de se contenter d'un taux ridicule !). Non, tous les autres jours, parce qu'il faut bien accuser quelque chose ou quelqu'un.
Aucun économiste n'a pu montrer autrement que par des effets de manche que l'euro serait responsable de l'inflation (qui est contrôlée comme jamais) - pardon, "de la vie chère" puisque c'est comme ça que ça se dit au peuple, hein, Mame Royal ? - ou d'un manque de compétitivité, ou du chômage, ou de la pollution des rivières et du retour des castors. Il y a très peu de temps, le dollar avait filé sous les 1/1.33 et on entendit (surtout en France) de grands cris : il fallait ramener ce traître de Trichet à la raison - avant lui, on voulait la peau de Duisenberg - et c'était scandaleux de laisser la bride sur le cou à ces irresponsables de la BCE qui n'étaient même pas élus ! On sait que ce genre d'argument abominablement démagogique fleurit régulièrement ; on l'entend invoquer aussi par les ONG qui ont généralement les organismes internationaux en exécration, mais qui vous diront toujours en privé qu'après tout, heureusement que les techniciens-bureaucrates ne doivent pas se faire réélire et peuvent donc se payer le luxe de ne pas être populaires... Depuis, le dollar est très nettement remonté, et les piailleries ont cessé, bizarre...
Quand je vais à Madagascar, les porteurs me demandent des euros et la Banque centrale malgache s'est constitué une réserve non négligeable de notre monnaie ; à vrai dire, les banques centrales des pays émergents stockent l'euro à concurrence d'environ 30% de leurs réserves. Pas si mal, non ?
---
PS : hasard ou convergence, le
blog des éconoclastes vient de sortir un  article très intéressant sur le même sujet. Je vous en conseille vivement la lecture, et je ne résiste pas au plaisir d'en publier un petit extrait afin d'aiguiser votre appétit...

"A cela s'ajoute un autre élément notable : l'euro est devenu la forme d'argent liquide favorite du monde, devant le dollar : l'équivalent de 800 milliards de dollars, au taux de change actuel, contre 759 milliards de dollars. Cela provient en bonne part d'une très forte demande de billets de 500 euros. On jettera un voile pudique sur les activités économiques internationales qui nécessitent l'utilisation de grandes quantités d'argent liquide, avec de préférence des billets d'un montant suffisant pour mettre le plus possible dans un attaché-case"

18:14 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/01/2007

De l'Irak, des GI's et des idées reçues.

gonyIl y a dans "Gangs of New York" un plan admirable, digne de Scorsese à tous points de vue, où un mouvement de caméra montre les nouveaux immigrants descendant du bateau, signant leur acte de naturalisation, remontant dans le bateau pour aller combattre les Sudistes, tandis qu'un troisième bateau débarque des cercueils ramenés du front...Le parallèle est tentant à faire avec l'Irak, et effectivement, j'ai déjà entendu je ne sais combien de fois la "réflexion" : Ils envoient tous les pauvres noirs et latinos se faire trouer la panse, mais les blancs restent bien douillettement chez eux.
Ben non, pas vraiment : en date du 10/1/07, sur les 3013 combattant(e)s américain(e), 74% étaient "caucasiens" (i.e. blancs), 10% étaient noirs et 11% hispaniques. Les blancs semblent donc surreprésentés, si je lis bien les statistiques du US Census Bureau.
Il faut dire que l'Irak est le pays des légendes, comme celle qui voudrait que les USA ont armé Saddam Hussein. Pas vraiment non plus : entre 1973 et 2002, les USA ont vendu à peu près 1% des armements à l'Irak, loin derrière l'URSS (57%), la France (13%) ; et juste après la Lybie et... le Danemark, je vous le donne en mille !

06/12/2006

Castro et Pinochet vont en bateau...

satanVoilà que les deux fripouilles jouent maintenant à qui arrivera le dernier en enfer. Ce serait cocasse s'ils devaient claquer le même jour !
- J'en ai tué bien plus que toi, d'abord !
- Ah mais c'est pas le nombre qui compte, c'est la manière !
- Les listes d'exécution publiques, et le Che qui s'amusait comme un petit fou, c'est pas assez bon pour toi ? Ce incapable qui n'avait même pas été foutu de décrocher son diplôme, il faisait le croque-mort et achevait les ratés...
- Avoue que c'est pas grand'chose à côté de l'assassinat de Victor Jara...
- Je reconnais... mais Ochoa, c'était pas mal non plus, non ?
...et ils papoteront encore longtemps pour savoir qui entrera le premier...

12:02 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/11/2006

De Forest, de VW et de l'Europe - en passant par Charleroi

La casse sociale chez Volkswagen-Forest est évidemment terrible. Malheureusement, elle a entraîné aussi une casse intellectuelle assez fâcheuse, avec le grand rassemblement des Nonistes agitant leur juste cause antilibérale.
On pouvait s'y attendre, c'est M. Hutchinson qui, parlementaire socialiste européen et par ailleurs grand défenseur du service public postal - dont le belge, que le monde entier nous envie - c'est disais-je M. Hutchinson lui-même qui est monté au créneau avec quelques-uns de ses collègues nationaux pour dénoncer le manque d'Europe sociale. Et c'est parti sur les délocalisations, les patrons-voyous, les actionnaires potentats etc.
J'entendais récemment Mateo Alaluf - qui n'est pas précisément un dangereux libéral ! - analyser le discours sur les délocalisations ; pour lui, il ne s'agit que d'un discours de chantage patronal (on peut être prof et syndicaliste) car les chiffres prouvent que l'impact réel des délocalisations est faible, voire très faible.
Alors, hier, j'ai eu le fou-rire de ma vie en entendant un ministre (ou sous-ministre, je ne sais plus) annoncer gravement qu'il allait proposer qu'une entreprise bénéficiaire ne pourrait licencier qu'après examen et autorisation de l'Etat - il reprenait en l'allégeant quelque peu le programme des Besancenot, Laguillier et consorts. La Belgique, trotskiste ?! Non, peut-être !On imagine le topo, quand les entreprises seront gérées comme on le fait si bien à Charleroi (et pas seulement là, d'ailleurs, si j'en crois un des experts conseillant l'audit).

15:52 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/11/2006

De l'utilité du blasphème

ramaPatrick Declerck a récemment livré au "Monde" un petit papier assez gratiné, "du blasphème comme nécessité" (je cite "Le Monde" une fois de plus, mais le texte en question se trouve dans d'autres revues, comme ici).
Je pense que l'argumentation de l'auteur est impeccable, même si la forme est quelque peu provocante - mais après tout le pamphlet est une sorte de blasphème, et il est donc nécessaire lui aussi.
Les répliques n'ont pas manqué, et il en est une classe qui a fait son apparition il y a déjà quelques années, celle des "non-aux-intégristes-de-la-laïcité" ; la première fois que je l'ai entendue, c'était, si je ne me trompe, de la bouche de Philippe Sollers lors de la venue de Jean-Paul VI à Paris. Il se moquait de la contre-manifestation montée par je ne sais quel collectif comme il en existe tant en France, et qui s'était soldée par un échec. Passe encore pour cela, ce genre de manif me semblant effectivement un peu d'un autre âge - et pour tout dire, j'ai horreur des manifs (payé pour, si vous voyez ce que je veux dire).
Mais cette critique s'est lentement dirigée vers tout ce qui pourrait être ressenti par n'importe qui comme "offensant" par rapport à sa religion, à sa philosophie, à ses croyances, à ses convictions. L'intolérable justifié par la tolérance.Intolérable, donc (j'en ai déjà parlé, le blasphème est toujours réprimé dans certains des pays de l'UE).
Cependant, je me séparerai de Patrick Declerck sur un point, c'est lorsqu'il dit "J’ai déjà eu l’occasion de dire dans ces colonnes ma détestation de l’islam en particulier et des autres monothéismes en général". Pourquoi se limiter aux monothéismes ? L'hindouisme est suffisamment grotesque, contraignant et sectaire pour rivaliser avec ceux-ci, et même pour recevoir le "prix de la religion la plus c..." des mains de Michel Houellebecq.

15:58 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/11/2006

Alors, la morue, on tapine ? (suite)

codBen voilà, il ne m'aura pas fallu attendre longtemps :
Après le cabillaud, le sabre noir : la France, dont les pêcheurs ont été parmi les premiers à se tourner vers la pêche en eaux profondes, au début des années 1990, lorsque la ressource en merlu ou en sole a commencé à se raréfier, s'oppose à ce que l'Union européenne limite ce nouveau type de pêche pour protéger les écosystèmes des grandes profondeurs.Alors que tous les candidats à la présidentielle française multiplient les professions de foi sur l'environnement, le ministre Dominique Bussereau a dit non, lundi 20 novembre à Bruxelles, lors du Conseil des ministres de l'agriculture et de la pêche, à un texte qui préconisait de diminuer d'environ 30 %, par rapport à 2006, les prises de requins des profondeurs, de lingue bleue, d'hoplostète orange. Ce texte, rédigé par la présidence finlandaise de l'Union, était pourtant moins dur que celui qu'avait initialement proposé la Commission.
Le gouvernement français, qui, avec les autres pays du sud, n'a cessé ces dernières années de freiner la réduction des autorisations de prises en eaux peu profondes, est en tête du front du refus. Elle dispose de la plus grosse flotte européenne de chaluts de fonds, avec une cinquantaine de bateaux qui opèrent dans l'Atlantique nord depuis Boulogne, Concarneau, Lorient ou Le Guilvinec. Cette activité représente, de source officielle, mille emplois directs à bord, et deux mille emplois indirects. Paris est soutenu par l'Espagne, le Portugal, la Pologne et la Lituanie : des pays dont les gouvernements "ont continuellement ignoré les avis scientifiques sur l'état critique des stocks de pêche !", proteste l'ONG Oceana.
"Les avis scientifiques sont sujets à caution", s'est justifié un diplomate français, à l'encontre du principe de précaution tant affirmé aujourd'hui. "Il faut avoir à l'esprit les questions environnementales mais aussi les questions socio-économiques", a-t-il dit. Pour Oceana, "le fait que les bateaux ont, en 2006, pêché beaucoup moins que ce qui était autorisé prouve néanmoins que la ressource s'épuise".

16:48 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2006

La Cène déménage

ceneD'accord, même l'almanach Vermot n'en voudrait pas, mais j'ai pas pu m'en empêcher...Tout ça parce que j'ai le coeur en fête, la Cour de cassation a cassé, rompu, piétiné, déchiré, émietté (on pourrait continuer longtemps, mais j'ai trop le souci du lecteur pour abuser de sa patience) les jugements successifs (instance et appel) interdisant l'affichage de cette excellente pub, fille de Marithé et François Girbaud par agence Air Paris interposée (si l'on ose dire, et j'ose).
Jugements ridicules et - n'ayons pas peur des mots - scélérats et liberticides (on sait que les Français raffolent de ces deux termes et j'avoue qu'ils me font plaisir aux oreilles ; Jacques Perret rappelait le plaisir à utiliser ces mots légèrement désuets, comme "soubrette" ou "pistole", et comme je le comprends...).
Bien ; à faire tant de digressions, on ne comprendra plus rien.
Donc, voilà, les pisse-vinaigres et les intégristes cathos n'ont qu'à ravaler leur rage ; eat your heart out, dummies ! Ils vont se rendre demain chez leurs homologues islamiques pour faire imposer une loi anti-blasphème, je suppose. Après tout, il en existe bien dans plus d'un pays européen...
Oui, vraiment, aujourd'hui je me sens d'humeur badine...

14:42 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Alors, la morue, on tapine ?

codIl est-y pas joli, ce poisson ? Alors regardez-le bien, parce que vous risquez - enfin vous ou vos enfants - de ne plus en voir bézef.Le cabillaud se meurt, et personne ne peut dire "Ah bon ? Mais je ne savais pas...". Les énormes réserves de Terre-Neuve ont été réellement épuisées, et malgré plus de dix ans d'interdiction de pêche les stocks ne se sont toujours pas refaits, peut-être à jamais si l'on en croit les experts les plus pessimistes.
Mais ne vous en faites pas, quand les Ministres se rassembleront le mois prochain au Juste Lipse, ils alloueront tout de même des quotas beaucoup trop élevés et râtisseront encore les mers - après tout, Kyoto, c'est loin, c'est 2012, c'est anonyme, et ça permet même à M. Mittal de se faire une fortune en tradant les droits à pollution des aciéries russes qu'il a rachetées ; mais évidemment, les pêcheurs ce sont des familles - accessoirement, mais alors très accessoirement, des électeurs aussi. Et vous entendrez Monsieur Chichi ("ah, celui-là !") tonner contre l'Ifremer et la classe scientifique dans son ensemble...

12:08 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2006

Black-out à tous points de vue

HTUn petit fait - enfin, tout de même un assez gros fait divers - et qui génère cinquante interprétations, toutes contradictoires, bien évidemment.
La première explication que j'ai entendue, c'était sur les ondes de la RTBF : le parc d'éoliennes du nord de l'Allemagne aurait été privé de vent ; le refroidissement soudain de la température créant un besoin accru de courant, il fallait en importer et voilà le travail.
C'était un peu gros, tout de même, encore que cette explication avait le mérite de rappeler que les éoliennes ont une faible marge de manoeuvre.
Et puis, il est apparu que la panne avait inexplicablement suivi une coupure de cable décidée pour faire passer un navire - inexplicablement, car une telle manoeuvre est paraît-il assez routinière.
Evidemment, les anti-nucléaires ont estimé que c'était la faute aux centrales nucléaires ("des colosses aux pieds d'argile"). Les souverainistes ont blâmé l'interconnexion des réseaux. La CGT a blâmé la dérégulation. Les transporteurs de courant ont blâmé l'excès de mauvaise régulation. Tout le monde a blâmé les électriciens de ne pas avoir investi et de s'être occupés uniquement des profits.
On ne sait toujours pas dans le détail ce qui s'est passé ; à vrai dire, on ne sait toujours pas pourquoi les centraux téléphoniques fonctionnent et pourquoi le Net ne crashe pas plus souvent. Ce sont des systèmes stochastiques sans doute non-markoviens, extrêmement difficiles à modéliser. Il semble que le réseau européen se soit brutalement scindé en trois sous-réseaux indépendants (désynchronisés en fréquence !) ; il va de soi qu'aucune des explications simplettes ne tient la route, elles ne sont mises en avant que pour des raisons politiques.
A ce propos, j'ai adoré cet affreux cliché "colosse aux pieds d'argile" ; le Monde Diplo de ce mois en portait un autre en couverture : "apprentis sorciers"... Quand on lit ce genre de formule, on comprend immédiatement à quoi on a affaire.

11:45 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2006

C'est plus de la langue de bois, c'est de la langue de Formica...

riziereLe directeur du CNCD (vous savez, le célèbre onze onze onze) était interviewé ce midi en vue de la prochaine campagne, et justement, il en parlait des campagnes, de celles qui produisent de la nourriture, et qui en produisent bien peu pour ceux qui y travaillent - je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, c'est pourtant simple : les paysans des pays pauvres sont encore plus pauvres que les autres. Cruel paradoxe, et effectivement assez scandaleux. Mais pourquoi fallait-il que, non content d'utiliser cette misérable dichotomie Nord/Sud ("les pays du Sud"), le bonhomme utilise la bonne vieille attaque devenue maintenant traditionnelle - non seulement chez les gens "de gôche" mais aussi dans toute ONG ou dans tout mouvement platement caritatif - contre la "libéralisation mondiale".Non, non, pas contre l'ultralibéralisme, ou les excès du néolibéralisme ; la libéralisation, point. Or, ce monsieur n'est certes pas un idiot, il doit bien savoir que les pays pauvres se battent à l'OMC pour obtenir justement que les USA et l'Europe ouvrent leurs frontières, donc pour plus de libéralisme... On sait aussi que la question est assez controversée sur l'ampleur des bénéfices à attendre d'une telle ouverture hypothétique et très improbable ; mais il est certain que le protectionnisme vigoureux des deux larrons précités est un très mauvais remède à la malnutrition des paysans pauvres.
Mais voilà , c'est comme le bac chez Flaubert : "Libéralisme : tonner contre".

14:43 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/10/2006

Et tu seras un homme, mon fils

tieToujours dans un "Monde" récent, j'apprends qu'abondent les sites permettant à tout un chacun d'apprendre à nouer une cravate...Ca doit être ça, devenir vieux, quand on s'aperçoit que le monde éternel et rassurant commence à craquer de toutes parts et qu'il fait eau !
La barbarie est proche ! Si les djeunes ne savent même plus comment on noue une cravate, mais où va-t-on ?
De mon temps (toux discrète - ou pas), les noeuds étaient des étapes dans la vie, de l'indépendance cherchée très jeune et trouvée avec ses lacets de chaussures (ah, les belles coques bien symétriques qu'il s'agissait de réussir...) à la cravate qu'on étrenne ; la première étape en s'éloignant de la mère et la seconde en se rapprochant du père.
On a les rites de passage qu'on peut, mais enfin je préfère ceux-là à de pénibles épreuves telles qu'on en subit ailleurs.
Bien sûr, je parle en tant que garçon - les filles devaient avoir leurs propres nouüres, tresses etc. Et je confesse humblement que je n'ai jamais été fichu de nouer un noeud pap'.

15:34 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2006

Ne fumez plus, jouez !

machineasousLu dans un Monde récent : "Le gouvernement relance les jeux dans les cafés pour adoucir l'effet de l'interdiction de fumer".

Maintenant, je crois que le sommet du ridicule est atteint. Bien sûr, la mesure d'interdiction n'est pas populaire chez les cafetiers - bien qu'elle semble l'être dans la population générale ; mais enfin, je croyais avoir entendu bien haut et bien fort que la France républicaine allait s'attaquer à ce fléau des jeux de hasard qui provoquent tant de drames dans les familles... On allait moraliser tout ça, réglementer les jeux à gains (ou plutôt à pertes, évidemment) trop rapides, créant le redoutable syndrome de la ludopathie.Ben non, on va remplacer une dépendance par une autre, en espérant que le bon peuple ne rigolera pas trop fort à la veille des présidentielles.

16:57 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/09/2006

Ni gros ni maigre

Alors là, les bras m'en tombent :"Le gouvernement régional de Madrid a décidé d'exclure les top models trop maigres des défilés du grand rendez-vous de la mode, la Pasarela Cibeles, du 18 au 22 septembre, en raison du mauvais exemple donné aux jeunes Espagnoles que l'obsession de leur poids incite à l'anorexie. En collaboration avec la Société espagnole d'endocrinologie et de nutrition, le gouvernement a imposé qu'aucun mannequin présentant un indice de masse corporelle inférieur à 18 (56 kg pour 1, 75 m) ne puisse défiler."
Voilà où on en est ! Il y avait déjà les propos du Commissaire européen à la santé, qui proposait de mettre des bâtons dans les roues aux films où on voyait fumer une cigarette (à la poubelle, Bogey !) - mais tuer est toujours permis.
En général, j'ai le sens de l'humour, mais ce genre de réaction me fait peur.

15:03 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le MNA respire-t-il encore ?

Etant donc en Afrique ces derniers jours, j'ai eu la stupeur de voir (à la TV) et de lire (dans les journaux) que le Mouvement des Non-Alignés tenait une de ces réunions plénières dont il a le secret, et qui débouchent toujours sur à peu près le même résultat
.Evidemment, la notion même de non-alignement n'ayant plus de sens depuis quelque temps déjà et le MNA ayant très rapidement été kidnappé par les potes de l'Union Soviétique, on pouvait légitimement se demander si le cadavre était encore chaud.
Ben oui, un peu comme l'hôte en titre, le prochain cadavre qui respire encore, mais plus pour très longtemps, souhaitons-le aux Cubains.
Le plus rigolo dans l'affaire étant l'histrion vénézuélien, tout occupé à verser sa manne pétrolière à la Corée du Nord et à l'Iran, remerciant ce dernier pays d'enfin dire la vérité sur la prétendue "holocauste" - chacun sachant que les camps de concentration étaient en fait des "theme parks", véritables Disneyland avant la lettre, mais que, hélas, les armées croisées américaines et britanniques ont semé des boîtes de corned beef sur lesquelles ils ont écrit au marqueur "ZYKLON B". Et comme les marqueurs n'existaient pas encore, ils ont dû les inventer spécialement pour ça. Et puis d'ailleurs, c'est Bush et les néoconservateurs qui ont fait sauter les tours jumelles. Et l'histoire du Pentagone, c'est du bidon.
Voilà sur quoi a débouché le congrès qui s'amuse - qui me rappelle le Congrès de la Tricontinentale de 1966 à La Havane, déjà, où Garaud faisait étalage de sa garde-robe somptueuse...
Ah, nostalgie quand tu nous tiens !

14:43 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/09/2006

Burger King, McDonald's et le Pape

Ayant passé les deux dernières semaines en Afrique, je n'ai entendu que de loin le bruit et la fureur autour d'un discours ? d'un écrit ? d'une émanation en tous cas de Benoît XVI. J'ai pu voir les manifestations désormais habituelles de barbus furibards, et les drapeaux qu'on brûle, ajoutant le star spangled banner à tout hasard, même si le pays n'est pas précisément papiste...
Impossible de savoir à la suite de quel discours ? de quel écrit ? de quelle émanation tant de foules haineuses brûlaient, et même tuaient. On se croyait quelque temps en arrière à l'époque des fameuses "caricatures", mais j'avoue avoir plus de sympathie pour les caricaturistes que pour le pape.
Et puis, de retour ici, j'apprends avec ahurissement (et un peu de délectation) que Benoît XVI prône la raison : "Agir contre la raison est agir contre l'essence de Dieu". Rigolo, non ? Mais la raison par opposition à la violence, bien sûr !
On connaît tous McDo, mais certains connaissent moins un de ses rivaux, Burger King ; ce sont des rivaux qui s'exècrent et qui se portent tous les coups possibles, mais ils serrent les rangs contre l'ennemi commun (en gros, la non-malbouffe) ; et depuis quelque temps les papes s'efforçaient tant bien que mal d'unir au moins les religions du Livre (pas encore les hindouistes ou les mazdéens, mais ça viendra peut-être). Assiste-t-on à un mouvement tournant où le Saint Père laissera tomber les Imams pour se rapprocher des Francs Macs ? Le suspense est insoutenable !
Bien sûr aucun des enragés incendiaires et accessoirement assassins n'avait lu un traître mot du discours, et sans doute en était-il de même de leurs inspirateurs. Non, non, ils voulaient seulement prouver à leur manière que, contrairement à ce que disait Manuel Paléologue, l'Islam est une religion de paix, d'amour et de douceur. Et ce que les bons apôtres occidentaux reprochent au fond au pape, c'est de ne pas être musulman. Mais bon dieu ! son fonds de commerce, c'est tout de même le catholicisme, non ?
D'ailleurs, à ce propos, chacun sait que ledit catholicisme, lui aussi a toujours prêché la paix, l'amour et la douceur ; jamais il n'aurait défendu avec le glaive la foi qu'il prêchait ! Non, jamais.

16:26 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/08/2006

Tel est pris...

Voilà donc que Double Happiness et ASD, firmes d'électromenager chinoises, s'opposent fermement à la prise de contrôle de leur concurrent Supor par SEB. «Nous ne sommes pas contre les entreprises à capitaux mixtes, mais nous contestons vivement les prises de contrôle par des étrangers. Il n'y a absolument rien qui justifie qu'on cède à des étrangers le contrôle de marques bien de chez nous comme ASD ou Supor. On se débrouille très bien sans eux» argumente le P-DG d'ASD. Ouais... On ne se retrouverait pas dans un cas classique de patriotisme économique ?
Mais que fait la France, Monsieur ? Ben, je suppose qu'elle va se retourner vers l'OMC...
D'autres qui dégustent, c'est les gens de Greenpeace et du Rainbow Warrior II, copieusement hués et étrillés à Marseille. Le directeur Actions de Greenpeace France, Pierre Ramel, se plaint de la violence et de l'illégalité des actions contre son navire... Un comble ! Même si cette fois ils sont du côté des anges, ces militants ont vraiment tous les culots.

16:26 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/08/2006

Günther Grass, évidemment

Mais non, mon gros bêta, ce n'est pas Francis Blanche fumant la pipe ! C'est quelqu'un de beaucoup moins rigolo...
Bien, on a tout dit sur l'affaire GG-SS - sauf peut-être un petit quelque chose que je ne me souviens pas d'avoir lu :
il faut toujours se méfier des donneurs de leçons !
Même (et peut-être surtout) quand ils ont l'air sympa. Rappelez-vous Bertrand Cantat...

16:31 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Sans papier, sans espoir

Chez nous comme chez nos voisins, la question des sans-papiers tourne au cauchemar.En France, Sarkozy et Klarsfeld viennent de déclencher un tollé chez les "assos" (dieu que je hais cette abréviation) pour avoir dénoncé le caractère "démagogique" de leurs interventions. Et en cela, ils se trompent : les associations ne sont absolument pas démagogiques ; simplement, elles mentent, et ce pour la raison toute simple qu'elles sont militantes, et qu'un militant n'a que faire de la "vérité" (comme il la mettra toujours lui-même entre guillemets avec un air condescendant). Le militant a un but à atteindre - voilà l'essentiel, le reste n'est que broutilles, et (presque) tous les moyens sont bons. Ceux d'entre nous qui ont connu les vieux stalinos des années 30 ou les inclassables sanglants des années 70-80 savent bien que pour eux, la notion même de vérité est du pur byzantinisme.
Et ce ne doit pas être facile à faire passer, le message que tout sans-papier a droit ipso facto à la régularisation et que tout demandeur d'asile doit l'obtenir. Pas démagogique pour un sou ! On trouve d'ailleurs beaucoup de cathos de gauche dans ces associations, avec aussi quelques frénétiques et un certain nombre de pêcheurs en eau trouble.Between a rock and a hard place... Leur point de vue est certes très minoritaire, mais j'ai tendance à le partager - libéralisme oblige - tout en sachant qu'il est pratiquement intenable. Et lorsque je fais part de mes inclinations à certains de mes amis de la gauche modérée, je me fais ramasser : "Tu veux faire pression sur les salaires ?"...

15:53 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Touki touki

On croyait - enfin, JE croyais, nuance - l'épidémie passée, mais voilà que ça recommence, les spiqueûrzéspikeûrines et surtout les hommes et femmes politiques se remettent au touki, je veux dire le "tout qui...", cette abominable barbarisme censé remplacer le simple et inoffensif "quiconque"...
Cette épidémie avait fait de très nombreuses victimes en 2005 surtout, mais on espérait que le mal était passé ; pas du tout : je témoigne avoir entendu de nombreux cas tout récemment dont, horresco referens, la rédac-chef du Soir...
Mais peut-être n'est-ce que la vague de pluie et de froid qui engourdit les cerveaux.

14:27 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/07/2006

Will Bill ???

Sacré Bill, va ! Le voilà qui consacre 300 millions de dollars à la recherche d'un vaccin contre le VIH, et à distribuer gratos (ou presque) aux pauvres, SVP !
Jusqu'à présent, je n'ai lu que des articles plutôt louangeurs à ce sujet - bizarre, concernant l'homme le plus riche et le plus haï du monde. Tout au plus fait-on remarquer ironiquement que voilà un drôle de capîtaliste qui se met à une vision anti-concurrentielles de la recherche, ce qui fera grincer des dents les meuchantes firmes pharmaceutiques.
Cependant, outre le fait que Microsoft n'a pas précisément une culture incluant la compétitivité dans son credo, il n'est pas dit non plus que le modèle imaginé par BG sera forcément plus efficace que les autres - bien que je l'espère profondément pour avoir des rapports étroits avec l'Afrique et connaître l'horreur du SIDA là-bas. Les gens qui connaissent les sports d'équipe m'ont assuré que les "dream teams" étaient souvent des plus médiocres. Alors ? Time will tell... mais je garde les doigts croisés.

14:25 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |