12/05/2006

Malédiction ! Le Da Vinci Code !

Dans le genre kitsch, ça vaut bien Greuze : après les imprécations musclées contre les caricatures danoises, voici les malédictions outragées envers le Da Vinci Code. C'était à prévoir, en quelque sorte, l'imbécillité humaine étant sans limite comme on le sait assez (c'est le genre de phrases que j'adore, car celui qui la profère se met automatiquement de l'autre côté...). Et l'esprit du temps n'est vraiment pas au persiflage ni à l'expression un peu obstinée du 'droit de' ; le 'droit à' fait des ravages intellectuels, mais attention à ne pas heurter l'autre, vous aurez le MRAP sur le dos. Au fait, ces imbéciles vont-ils déposer plainte contre Dan Brown ?
Ah, Dan Brown, voilà un homme admirable : professeur de creative writing, il se met en jeu et Bingo ! le jackpot... Ce n'est pas que le livre soit bien écrit (il ne l'est pas, du moins au point de vue de l'écriture ; pour ce qui est de la progression de l'histoire, par contre, c'est pas mal fait mais très très classique). Ce n'est pas non plus que l'histoire soit neuve (les frasques supposées entre Jésus et Marie Madeleine - personnage d'ailleurs presque entièrement fictif - sont presque un lieu commun). Alors pourquoi ce succès ? Peut-être un peu ce délicieux sentiment de transgression... Ce n'était pas mon cas - n'ayant pas été élevé dans un milieu catholique, je ne suis pas anticlérical, et du coup, le livre m'a ennuyé et je ne l'ai pas terminé ; mais évidemment, ce n'est pas de cela qu'il s'agit.
J'ai par contre apprécié les réactions de la conférence des évêques de Belgique (ou je ne sais quel corps constitué analogue ou équivalent), conseillant prudemment de lire le livre ou de voir le film pour autant que l'on prenne soin de n'y voir qu'une [aimable] fantaisie qui attirera sans nul doute l'intérêt des braves gens pour la vie de Jésus... Je ne garantis pas la forme, mais le fond y est. C'est tout de même mieux qu'appeler au boycott, comme le fait le Vatican - paraît-il, mais c'est la Libre Belgique qui le dit.
Pour ceux que cela intéresse, Prieur et Mordillat se sont fait un petit fonds de commerce des Evangiles (Jésus après Jésus, Jésus contre Jésus, Jésus sans Jésus, Jésus avec Jésus, la jeunesse de Jésus, les derniers mots de Jésus, etc. Non, je plaisante). C'est bien fait, historique, critique et toujours intéressant - même si parfois ça se répète un peu...

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