31/05/2006

Chauffe, Marcel !

Aux Beaux-Arts avec C. pour une représentation de la Voix Humaine. Jamais pu supporter Cocteau, et ici, c'est franchement ridicule. Par contre, très belle musique d'un Poulenc très posé. On ne peut sans doute pas en dire autant des deux premières pièces de la soirée : Les Biches et Aubade, cette dernière cannibalisée par une chorégraphie complètement lamentable. Soirée très décevante donc, mais là n'est pas l'essentiel. Il y avait aux murs une exposition de gravures ou de peintures, je ne sais pas exactement, mais tout semblait en petit format et en noir et blanc. Pas mal, quelques pièces un peu moins intéressantes, d'autres un peu plus, etc. Tout à coup, à 4-5 mètres, une tache, immédiatement C. et moi nous hâtons pour la voir mieux, tant elle dégageait de puissance . Ben oui, pas de miracle, elle était signée Serra...Toujours amusant à ressentir, ce choc devant une oeuvre forte - j'avais éprouvé le même quelques semaines auparavant à Art Brussels où, dans une foule de pièces ultra-quelconques, se détachaient quelques grands, et par hasard c'étaient un Baruchello, un Castellani, un Serra aussi, justement...
Par contre, j'avais entendu aussi un nombre incroyable de wannabe artistes se revendiquer tous de Marcel Duchamp ; pauvre Marcel, que de crimes on commet en ton nom ! ça fera bientôt cent ans, mais ses ready-made ont toujours la cote intellectuelle, c'est semble-t-il un horizon indépassable. Encore que... sa subversion était plus dirigée contre les lieux que les pièces d'art, et le contresens n'apparaît pas à tous ceux qui se réclament de lui ; mais c'est vrai aussi que depuis MD, l'art (plastique ?) est, effectivement "n'importe quoi" - du n'importe quoi-n'importe quoi, mais aussi du n'importe quoi sublime.

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17/05/2006

LA solution aux crimes racistes...

Un petit coup de colère, ça ne fait pas de mal de temps en temps... "Vent your rage !". Voilà un jeune homme sans doute saturé d'extrême droite qui tire sur trois personnes "étrangères" et en tue deux à Anvers, point d'orgue d'une série d'attentats racistes en Flandre.
Résultat ? Nos ministres et parlementaires se bousculent pour réformer la législation sur la détention d'armes. Voilà, c'est réglé... On pourra rosser, découper, assommer, foutre à l'eau les "bougnoules", mais plus les tirer comme des lapins - quel progrès !

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12/05/2006

Malédiction ! Le Da Vinci Code !

Dans le genre kitsch, ça vaut bien Greuze : après les imprécations musclées contre les caricatures danoises, voici les malédictions outragées envers le Da Vinci Code. C'était à prévoir, en quelque sorte, l'imbécillité humaine étant sans limite comme on le sait assez (c'est le genre de phrases que j'adore, car celui qui la profère se met automatiquement de l'autre côté...). Et l'esprit du temps n'est vraiment pas au persiflage ni à l'expression un peu obstinée du 'droit de' ; le 'droit à' fait des ravages intellectuels, mais attention à ne pas heurter l'autre, vous aurez le MRAP sur le dos. Au fait, ces imbéciles vont-ils déposer plainte contre Dan Brown ?
Ah, Dan Brown, voilà un homme admirable : professeur de creative writing, il se met en jeu et Bingo ! le jackpot... Ce n'est pas que le livre soit bien écrit (il ne l'est pas, du moins au point de vue de l'écriture ; pour ce qui est de la progression de l'histoire, par contre, c'est pas mal fait mais très très classique). Ce n'est pas non plus que l'histoire soit neuve (les frasques supposées entre Jésus et Marie Madeleine - personnage d'ailleurs presque entièrement fictif - sont presque un lieu commun). Alors pourquoi ce succès ? Peut-être un peu ce délicieux sentiment de transgression... Ce n'était pas mon cas - n'ayant pas été élevé dans un milieu catholique, je ne suis pas anticlérical, et du coup, le livre m'a ennuyé et je ne l'ai pas terminé ; mais évidemment, ce n'est pas de cela qu'il s'agit.
J'ai par contre apprécié les réactions de la conférence des évêques de Belgique (ou je ne sais quel corps constitué analogue ou équivalent), conseillant prudemment de lire le livre ou de voir le film pour autant que l'on prenne soin de n'y voir qu'une [aimable] fantaisie qui attirera sans nul doute l'intérêt des braves gens pour la vie de Jésus... Je ne garantis pas la forme, mais le fond y est. C'est tout de même mieux qu'appeler au boycott, comme le fait le Vatican - paraît-il, mais c'est la Libre Belgique qui le dit.
Pour ceux que cela intéresse, Prieur et Mordillat se sont fait un petit fonds de commerce des Evangiles (Jésus après Jésus, Jésus contre Jésus, Jésus sans Jésus, Jésus avec Jésus, la jeunesse de Jésus, les derniers mots de Jésus, etc. Non, je plaisante). C'est bien fait, historique, critique et toujours intéressant - même si parfois ça se répète un peu...

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05/05/2006

Le bagne au travail

"Malgré les différences de professions et de statuts, une souffrance commune se fait jour. Elle se traduit par des arrêts maladie répétés, dus à des pathologies physiques (douleur au dos) mais surtout psychiques (dépression). Tous sont atteints psychologiquement, tous sont blessés et humiliés. Ce sont les victimes d'une guerre dévastatrice qui ne dit pas son nom, celle du néolibéralisme. Guerre économique fondée sur un nouveau productivisme sauvage qui modifie en profondeur une organisation du travail de plus en plus désordonnée."
Voilà - certains auront reconnu le ton typiquement Catho-de-gauche de Télérama - un phrase tirée de la critique du film "Ils n'en mouraient pas tous".
Je n'ai pas vu ce film ; en son temps, j'avais vu "le cauchemar de Darwin", autre dénonciation de l'ultralibéralisme selon Télérama, et je n'avais absolument pas aimé ce film dont il était absolument évident qu'il était bidonné (oui, me disaient certains amis, mais il le faut pour mieux faire passer ses idées. Moi, personnellement, j'ai un nom pour ce genre de passe-passe).
Je ne fais pas de critiques de films (hélas ! c'était ma vocation !), je parlerai donc de l'augmentation effroyable de la morbidité au travail, à laquelle m'a fait penser un article récent de "La Commission en direct", dans lequel on citait une étude réalisée sur 10.000 fonctionnaires. 48% d'entre eux se plaignaient d'un niveau élevé ou très élevé de stress au travail.Non, je ne vais pas faire du tir aux fonctionnaires européens ; c'est un sport national en Belgique, mais c'est un peu facile. C'est vrai que j'en suis un depuis pas mal de temps ; je me souviens encore des temps héroïques où on "arrêtait les pendules", le Conseil se terminait éventuellement vers 3 heures du matin et le Directeur général - généreux - disait à ses p'tits gars : "demain, vous pouvez arriver plus tard, hein, à 9 heures..."On n'imagine plus ça, évidemment, mais tout de même, quand je regarde autour de moi, je ne vois pas 48% de collègues si stressés que ça.
Bof, après tout, on a bien fait de carboniser le CPE ; envoyer ces petits jeunes au boulot, càd au casse-pipe, c'était trop cruel.

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