07/11/2006

Black-out à tous points de vue

HTUn petit fait - enfin, tout de même un assez gros fait divers - et qui génère cinquante interprétations, toutes contradictoires, bien évidemment.
La première explication que j'ai entendue, c'était sur les ondes de la RTBF : le parc d'éoliennes du nord de l'Allemagne aurait été privé de vent ; le refroidissement soudain de la température créant un besoin accru de courant, il fallait en importer et voilà le travail.
C'était un peu gros, tout de même, encore que cette explication avait le mérite de rappeler que les éoliennes ont une faible marge de manoeuvre.
Et puis, il est apparu que la panne avait inexplicablement suivi une coupure de cable décidée pour faire passer un navire - inexplicablement, car une telle manoeuvre est paraît-il assez routinière.
Evidemment, les anti-nucléaires ont estimé que c'était la faute aux centrales nucléaires ("des colosses aux pieds d'argile"). Les souverainistes ont blâmé l'interconnexion des réseaux. La CGT a blâmé la dérégulation. Les transporteurs de courant ont blâmé l'excès de mauvaise régulation. Tout le monde a blâmé les électriciens de ne pas avoir investi et de s'être occupés uniquement des profits.
On ne sait toujours pas dans le détail ce qui s'est passé ; à vrai dire, on ne sait toujours pas pourquoi les centraux téléphoniques fonctionnent et pourquoi le Net ne crashe pas plus souvent. Ce sont des systèmes stochastiques sans doute non-markoviens, extrêmement difficiles à modéliser. Il semble que le réseau européen se soit brutalement scindé en trois sous-réseaux indépendants (désynchronisés en fréquence !) ; il va de soi qu'aucune des explications simplettes ne tient la route, elles ne sont mises en avant que pour des raisons politiques.
A ce propos, j'ai adoré cet affreux cliché "colosse aux pieds d'argile" ; le Monde Diplo de ce mois en portait un autre en couverture : "apprentis sorciers"... Quand on lit ce genre de formule, on comprend immédiatement à quoi on a affaire.

11:45 Écrit par dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.